Les Groupes Yéyé

chaussettes noires 01Si plus de six mille groupes sont passés sur le tremplin du Golf Drouot, une trentaine seulement ont marqué à jamais les années soixante, avec bien sûr les éternelles Chaussettes noires, Les Chats sauvages, Les Pirates ou Les Fantômes. Jean Chalvidant et Hervé Mouvet, au prix d'un long et patient travail de recherche, retracent ce qui fut le parcours d'une génération exceptionnelle. Quarante ans après, ils ont retrouvé ces pionniers des trente groupes essentiels des années 1960-1964, qui leur ont ouvert leurs archives, raconté leurs souvenirs, souvent assez éloignés de la légende et révélé ce qu'ils sont devenus. Ce qui ravira tous les amateurs, jeunes ou de la génération du " baby-boom ", du rock'n'roll français. Les Aiglons ; Les Aristocrates ; Billy Bridge et Les Mustangs ; Les Bourgeois de Calais ; Les Champions ; Les Chats sauvages ; Les Chaussettes noires ; Claude et ses Tribuns ; Les Cousins ; Danny boy et ses Pénitents ; El Toro et Les Cyclones ; Les Fantômes ; Les Fingers ; Les Gamblers ; Hector et Les Médiators ; Jean-Pierre et Les Rebelles ; Les Lionceaux ; Long Chris et Les Daltons ; Les Loups Garous ; Les Mercenaires ; Les Missiles ; Les Monégasques ; Moustique et Les Bulldozers ; The Night Rockers ; Les Pingouins ; Les Pirates ; Les Players ; Rocky Volcano et ses Rock'n'Rollers ; Vic Laurens et Les Vautours ; Vince Taylor et Les Play-boys.

C’est quoi le Yéyé…
L'interjection yéyé est, au départ, la transcription française du yeah, une déformation de yes, qui ponctue les chansons de rock et de twist américaines. Les paroliers préfèrent « yé » à une traduction plus littérale en « ouais ». De là, « yéyé » désigne le courant musical1. Cette formule musicale est une invention marketing qui promeut des interprètes non compositeurs au détriment de la chanson dite « rive gauche » dont certains chanteurs comme Georges Brassens, Jacques Brel, Serge Gainsbourg ou Mouloudji font figure de résistance. Le 22 juin 1963, entre 150 000 et 200 000 jeunes se retrouvent place de la Nation à Paris, pour fêter le premier anniversaire du magazine « Salut les copains ». Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, les Chats sauvages, Richard Anthony (entre autres), sont au programme. Quelques jours plus tard, dans une chronique publiée dans le journal Le Monde, le sociologue Edgar Morin baptise ces jeunes les yéyés. Par extension yéyé désigne donc aussi un phénomène de mode des années 1960, caractérisé par les pantalons serrés et les blazers cintrés. Les artistes de la fin des 60', venant du rock, rompent avec les yéyés.
chats sauvages 03Postérité : En France, certains artistes arrivés après ce mouvement, le plus souvent dans les années 1970 et 1980, s'inspirent musicalement de ce style de chansons (par exemple Karen Cheryl, considérée comme la « petite sœur » de Sheila à ses débuts et qui enregistrera avec succès plusieurs adaptations de chansons anglo-saxonnes et italiennes, Dorothée (pour les enfants), Lio ou encore Étienne Daho (qui dira souvent son admiration pour les artistes de cette époque et aura l'occasion de travailler avec Sylvie Vartan et Françoise Hardy). En novembre 2013, revenant sur sa carrière, Françoise Hardy déclare : « Je n'ai pas honte du tout d'avoir appartenu à ce mouvement. Au moins, ces chanteurs qualifiés de yéyé avaient le sens de la mélodie. Ce qui se perd de nos jours ».Les artistes et groupes représentatifs du courant yéyé incluent : Annie Philippe, Chantal Goya, Chantal Kelly, Christophe, Christie Laume...

Les années groupes
Tout commence en 1960 avec le succès de Johnny Halliday "Souvenirs, souvenirs" qui convainc les maisons de disques qu'il y a de l'argent à faire avec le rock. Dans le même temps qu'en Angleterre sans que forcément les phénomènes soient liés apparait une myriade de groupe que l'on classe dans la catégorie Yé-Yé. C'est le cas des Chats Sauvages de Nice avec Dick Rivers, des Chaussettes Noires avec Claude Moine alias Eddy Mitchell mais aussi des Fantômes, des Missiles, Danny Boy (Daniel Gérard) et ses pénitents (affublés de costumes styles Klux Klux Klan), d'El Toro et les cyclones (le 1er groupe de Jacques Dutronc), d'Hector et ses Médiators (auteur du mythique "T'es pas du quartier"), des Pirates, des Vautours, de Vince Taylor (cuir noir et chaînes). Dans la plupart des cas, une technique instrumentale limitée et des talents de compositeurs peu développés les condamnent à reprendre les tubes anglo-saxons dans des traductions approximatives et dans des versions inférieures aux originaux. Mais et surtout, ils n'ont pas le temps de murir car, bien souvent, le service militaire réquisitionne un ou plusieurs membres ce qui aboutit à la séparation du groupe. Pourtant, on peut penser qu'une scène française aurait pu émerger mais...
pirates 01Les représentants honorables : En 1965, il reste tout de même des représentants forts honorables du rock français tels Ronnie Bird, Vigon, Noël Deschamps. Mais dans la plupart des cas ce sont des chanteurs de variétés qui sont les représentants du Freak Beat à la française, les Dutronc, Nino Ferrer, Halliday, Mitchell, Antoine, avec et sans les Problèmes. On peut aussi citer pour l'anecdote les Witackers, les Senders, Les Masters, les Bowlers, les Sparks et d'autres qui ont sorti un ou deux 45t. Il faut attendre la fin des années 60 pour voir apparaître une scène française avec des groupes comme Martin Circus, Zoo, Triangle, Alan Jack Civilisation. Mais bien vite la survie reprend ses droits et un groupe comme Martin Circus devient un orchestre de variété, Joël Daydé, le chanteur de Zoo se tourne aussi vers la variété. Pionnier du rock'n'roll, les groupes ont  contribué à populariser cette musique.

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