Les Chanteuses Yéyé

accueil chanteuses 01Le yéyé est un style de musique pop ayant émergé en France, en Italie et en Espagne au début des années 1960. L'expression est usitée en France et au Québec et vise à désigner, généralement, une musique ou une chanson adaptée d'un succès anglo-saxon, alors très prisée par la jeunesse. Elle désigne aussi bien le public amateur de ces airs que leurs interprètes (les yéyés), la connotation est le plus souvent péjorative et railleuse. Les expressions « les yéyés » ou encore « la période yéyé », usités a posteriori, couvrent généralement la totalité des années 1960-début 1966 (quand ce n'est pas toute la période sixties), sans distinction entre les genres musicaux, les artistes de la nouvelle génération, les créations originales et les adaptations ; alors que « le yéyé » stricto sensu débute à l'automne 1961 avec l'avènement du twist et prend fin au printemps 1966. En France, certains artistes arrivés après ce mouvement, le plus souvent dans les années 1970 et 1980, s'inspirent musicalement de ce style de chansons (par exemple Karen Cheryl, considérée comme la « petite sœur » de Sheila à ses débuts et qui enregistrera avec succès plusieurs adaptations de chansons anglo-saxonnes et italiennes, Dorothée (pour les enfants), Lio ou encore Étienne Daho (qui dira souvent son admiration pour les artistes de cette époque et aura l'occasion de travailler avec Sylvie Vartan et Françoise Hardy). En novembre 2013, revenant sur sa carrière, Françoise Hardy déclare : « Je n'ai pas honte du tout d'avoir appartenu à ce mouvement. Au moins, ces chanteurs qualifiés de yéyé avaient le sens de la mélodie. Ce qui se perd de nos jours ».

Historique
L'interjection yéyé est, au départ, la transcription française du yeah, une déformation de yes, qui ponctue les chansons de rock et de twist américaines. Les paroliers préfèrent « yé » à une traduction plus littérale en « ouais ». De là, « yéyé » désigne le courant musical. Cette formule musicale est une invention marketing qui promeut des interprètes non compositeurs au détriment de la chanson dite « rive gauche » dont certains chanteurs comme Georges Brassens, Jacques Brel, Serge Gainsbourg ou Mouloudji font figure de résistance. Le 22 juin 1963, entre 150 000 et 200 000 jeunes se retrouvent place de la Nation à Paris, pour fêter le premier anniversaire du magazine Salut les copains. Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, les Chats sauvages, Richard Anthony (entre autres), sont au programme. Quelques jours plus tard, dans une chronique publiée dans le journal Le Monde, le sociologue Edgar Morin baptise ces jeunes les yéyé. Par extension yéyé désigne donc aussi un phénomène de mode des années 1960, caractérisé par les pantalons serrés et les blazers cintrés. Les artistes de la fin des années 1960 rompent avec les yéyés.

Souvenirs, souvenirs…
accueil chanteuses 02Johnny Hallyday, l' « idole des jeunes » et interprète de « Laisse les filles », épouse Sylvie Vartan en 1965. C'est cette même année que le premier hippy français, Antoine, entend mettre Johnny Hallyday en cage dans ses « Elucubrations ». Le chanteur ne manque pas de rétorquer par une autre chanson " Cheveux longs, idées courtes ", un an plus tard. Dans le même temps, l'enfant du Golf Drouot parrainé par Line Renaud, décrète que « Noir c'est noir ». Egalement adepte du twist, qui tourne déjà bien en France, Eddy Mitchell et ses Chaussettes noires, sortent leur premier 45 tours « Tu parles trop » en 1961. « Be bop a lula », « Daniela » ou encore « Eddie soit bon » connaissent le même succès. Deux ans plus tard, Eddy Mitchell ôte ses Chaussettes noires et se lance dans une carrière solo. Parmi ses succès « Toujours un coin qui me rappelle ». Les Chats sauvages de Dick Rivers, toutes griffes dehors, enchaînent les « tubes », « Twist à Saint-Tropez » ainsi que « Est-ce que tu le sais » au rythme du rock and roll et du twist toujours. Et justement, baptisé le « Tino Rossi du twist », Richard Anthony et sa fine oreille « J'entends siffler le train » en 1962. « C'est ma fête » et « Tchin tchin » prennent également le train en marche. Le chanteur sait aussi se montrer contestataire lorsqu'il adapte des textes de Bob Dylan, comme « Ecoute dans le vent ». Hugues Aufray, qui a rencontré l'interprète, auteur et compositeur américain lors d'un séjour aux Etats-Unis, sort en 1965 l'album « Aufray chante Dylan ». Un an plus tard, « Stewball » rejoint au galop « Céline ». Autant de titres qui font école aujourd'hui. Dans le même temps, « La vie en rose » s'achève définitivement pour Giovanna Gassion, dite Edith Piaf. Les cloches ont cessé de sonner, « la môme Piaf » s'éteint le 11 octobre 1963. Le même jour, les « Enfants terribles » deviennent orphelins, Jean Cocteau est mort.

L'ère de la provocation
A part dans la déferlante yéyé, Jacques Dutronc connaît son premier grand succès en 1966 avec « Et moi, et moi, et moi ». Un an plus tard, « Les cactus » deviennent une affaire d'état. Georges Pompidou s'y frotte et s'y pique, en déclarant lors d'un débat à l'Assemblée Nationale « Comme le dit Jacques Dutronc : il y a un cactus ». Les provocations de Jacques Dutronc ne laissent pas non plus indifférent l'épiscopat français. En 1969 le dandy, qui vit avec Françoise Hardy depuis 1967, se produit sur la scène de « La tête de l'art » en tenue de curé. Pour autant le spectacle continue, « Il est 5 heures, Paris s'éveille » en 1968. Provocateur également, « L'homme à la tête de choux ». Serge Gainsbourg met l' « Eau à la bouche » en 1961 et un an plus tard, ne vous déplaise, « La Javanaise » fait de Serge Gainsbourg l'auteur en vogue. En 1968, il trouve son égérie en la personne de Jane Birkin qu'il rencontre à Londres lors d'une audition pour le film « Slogan » de Pierre Grimblat. « 69 année érotique ». Par ailleurs, la chanson « Je t'aime moi non plus », avec Jane Birkin devient un succès international (une première version est enregistrée avec Brigitte Bardot). Derrière les lunettes et les mèches revêches, Michel Polnareff n'a pas encore défrayé la chronique en montrant ses fesses sur les colonnes Morris parisiennes...il faut attendre 1972... Mais d'ores et déjà, il connaît un succès international avec « La poupée qui fait non », qui sera reprise en anglais par Scott Mac Kenzie. Un scandale, celui provoqué par Julien Clerc qui apparaît quasiment nu dans « Hair ». Le chanteur est finalement remplacé par Gérard Lenorman dans cette adaptation française de la comédie musicale américaine, qui fait l'apologie de la culture hippie en 1969. Julien part pour « La Californie »...

Les idoles sur la même longueur d'ondes
accueil chanteuses 03La radio et la télévision prospèrent durant les années 60. La morosité laisse place à la convivialité, les émissions de jeunesse et d'information se multiplient grâce à une plus grande souplesse technique. Les Français, jusqu'alors spectateurs passifs, deviennent des acteurs complices. En radio, l'émission « Salut les copains » (qui devient également un magazine jusqu'en 1976), créée en 1959 par Lucien Morisse et animée par Frank Ténot et Daniel Filipiacchi jusqu'en 1969, devient mythique. Elle favorise l'émergence des yéyés et du « rock and roll », accélérant ainsi le phénomène des idoles. A la télévision, l'émission de variété « Age tendre et tête de bois », animée par Albert Raisner, réunie en plateau les vedettes les plus populaires entre 1961 et 1966. Le rendez-vous est ensuite rebaptisé « Tête de bois et tendres années » jusqu'en 1968. Telle une messe, les spectateurs suivent également, entre 1963 et 1966 sur la première chaîne de l'ORTF, la série « Thierry la fronde » avec un Jean-Claude Drouot. L'émission « Dim Dam Dom », née en 1965 séduit les femmes modernes et parfois sophistiquées. Emission ludique, elle est composée de courtes séquences présentées par des actrices ou des chanteuses en vogue (Anna Karina, l'égérie de Jean-Luc Godard, ou encore Agnès Varda, qui met en lumière le couple Louis Aragon et Elsa Triolet dans son film « Elsa la Rose »). « Dim dam dom » permet notamment de découvrir la mode encore très sage et les robes vichy qui à la fin de la décennie laissent place aux pantalons pattes d'éléphant, aux manteaux bigarrés et à la fleur à la boutonnière... le « Flower power » est né. Réunis devant leur « poste », les Français frémissent en entendant le générique des « Dossiers de l'écran » créée en 1967 par Armand Jammot.

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